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14/06/2008
Ambulances privées

S’il y a bien une chose qui m’exaspère, c’est la privatisation de la santé…grossièrement, on retire les soussous de l’hôpital public pour aller engraisser des boîtes privées, que ce soit cliniques diverses ou ambulances privées, tout frais payés par la sécu.
Aujourd’hui, je suis sur un poste de secours rien de plus banal avec ma collègue, sur un tournoi de foot. Journée calme jusqu’à ce que se pointe le footeux qui vient de se faire méchamment l’arcade sur un panneau de pub.
Ma collègue étudiante 2ème année fait un beau pansement après avoir désinfecté la plaie. Il souhaite être emmené pour recoudre, ce qui est à mon avis plus qu’indiqué. Je fait donc mon bilan avant d’appeler le 15 pour un avis médical. Huit minutes plus tard, j’ai le médecin au téléphone qui me dit qu’il m’envoie quelqu’un…jusque là tout va bien. Une petite heure après, ma victime en a eu marre (ce que je comprend) et est allée manger son couscous à la table des joueurs .
Mon téléphone sonne, c’est les ambulanciers qui ne trouvent pas l’entrée, il y en a pourtant deux et un stade de foot, en général ça se voit ! Je vais donc les chercher de moi-même vu que c’était la pause et tombe sur deux gaillards obèses qui n’ont pas l’air bien fute-fute. Mon impression se confirme ensuite lorsque je vois qu’il ne comprennent même pas un bilan secouriste de base (description de la plaie, pouls et respiration).
Ils vont donc voir le joueur qui déjeune tranquillement.
« On vous emmène ! » dit le chef. Je ne peux m’empêcher de rire à l’intonation de cowboy du mec.
Et le joueur de répondre « Non, finalement je ne veux plus y aller » du haut de ses 1m90 et d’une voix doucette.
Et là, le chef change de couleur et demande des explications d’un ton très désagréable. Il s’en prend à moi et m’accuse d’avoir appelé le SAMU. Connaissant les procédures, je ne me laisse pas faire et lui dit que j’ai fait mon boulot, point barre. Je ne comprend pas bien pourquoi cet énervement mais la phrase suivante répond à ma question. « Et à qui je fais payer la facture moi ? » Je lui répond qu’il voit directement avec le joueur et le club et que ce n’est pas à moi de régler la note.
Il continue son acharnement déraisonné et je vois qu’il ne lâchera pas l’affaire. Je décide donc de ne plus lui parler et de retourner au poste de secours tranquillement.
N’ayant réussi à convaincre le joueur, il va voir le directeur du tournoi qui accepte de payer la modique somme de 100€ pour…rien !
Et ils se cassent.Morale de l’affaire : une ambulance privée, c’est comme un livreur de pizzas, ça peut être bien pratique mais ça ne lâchera pas l’affaire si vous n’avez pas payé le prix de la pizza.
Le problème est qu’il s’agit de patients, pas de pizzas.
Je n'ai rien contre les ambulanciers privés, la connerie est ici une exception et il serait facile de généraliser mais je pense que le système d'ambulances privées est basé uniquement sur un objectif de rentabilité, ce qui ne permet pas de répondre objectivement à la demande en matière de santé, et ce SURTOUT dans le domaine de l'urgence.
Malheureusement il n'existe pas de système intermédiaire qui tendrait à les remplacer de manière publique, et c'est une utopie qui ne colle pas avec les moeurs actuelles.
Il faudra donc faire avec.
20:50 Publié dans premiers secours | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note



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